Syndrome de l'imposteur : Pourquoi vous vous sentez illégitime (et comment la TCC peut vous aider)

Vous avez réussi cet examen, obtenu cette promotion ou mené à bien ce projet complexe. Pourtant, au lieu de savourer votre succès, une petite voix interne murmure : « C’est un coup de chance. S’ils savaient vraiment de quoi je suis capable, ils seraient déçus. »

Bienvenue dans le monde du syndrome de l'imposteur. Bien qu'il ne s'agisse pas d'une pathologie mentale classée dans le DSM-5, ce phénomène touche près de 70 % de la population au moins une fois dans sa vie.

Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur ?

Le syndrome de l’imposteur est un mécanisme psychologique où l’individu est incapable d’internaliser ses propres réussites. Malgré les preuves tangibles de ses compétences, il attribue ses succès à des facteurs externes (chance, piston, erreur d'appréciation d'autrui).

Les 3 piliers du sentiment d'imposture :

  1. L'impression de tromper les autres (peur d'être "démasqué").

  2. L'attribution du succès à la chance ou à des éléments extérieurs.

  3. La peur de l'échec (qui rimerait avec la preuve de son incompétence).

Le regard des TCC : Le cycle de l'imposteur

En Thérapie Cognitive et Comportementale (TCC), nous analysons ce syndrome à travers le prisme de nos croyances limitantes et de nos distorsions cognitives.

Souvent, tout commence par une situation déclenchante (un nouveau défi). L'anxiété grimpe, et deux types de comportements s'installent :

  • L'over-preparation (sur-travail) : Vous travaillez 3 fois plus que nécessaire pour masquer votre supposée incompétence.

  • La procrastination : Vous remettez à plus tard par peur de l'échec, avant de finir dans l'urgence.

Dans les deux cas, le succès final ne renforce pas votre confiance : il renforce l'idée que vous avez "réussi à donner le change cette fois-ci".

3 outils TCC pour reprendre les commandes

1. Identifier vos distorsions cognitives

Le syndrome de l'imposteur adore la "lecture de pensée" (« Je suis sûr qu'ils pensent que je suis nul ») ou la "disqualification du positif". Apprenez à noter ces pensées automatiques pour les passer au crible de la réalité.

2. Le journal de bord des compétences

Au lieu de noter uniquement vos erreurs, tenez un registre factuel de vos accomplissements.

Exemple : "J'ai terminé le dossier X en 2 jours. Mon client a validé sans retouches." C'est un fait, pas une opinion.

3. Accepter l'imperfection (Lâcher le perfectionnisme)

L'imposteur est souvent un perfectionniste qui s'ignore. En TCC, nous travaillons sur l'acceptation de "l'assez bon". Faire une erreur ne signifie pas être une erreur.

Pourquoi consulter un thérapeute TCC ?

Si ce sentiment de fraude vous paralyse, vous empêche de candidater à des postes stimulants ou génère un stress chronique proche du burn-out, une thérapie peut vous aider à :

  • Restructurer vos schémas de pensée profonds.

  • Travailler sur votre estime de soi.

  • Développer une auto-compassion saine.

Conclusion : Vous n'êtes pas un imposteur, vous êtes simplement humain et peut-être un peu trop exigeant envers vous-même. Le succès n'est pas un accident, c'est le résultat de votre cheminement.

Souhaitez-vous aller plus loin ?

Si cet article résonne en vous, je vous propose de faire un premier pas : listez trois succès de votre semaine, même minimes, et essayez de ne pas mentionner la "chance" pour les expliquer.

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